L’étrange histoire de la Rose du Gué de Launa

Rose-du-Gué-de-Launa

On trouve de bien bonnes histoires aux archives départementales, et celle là m’a fasciné.

Merci à Noël Pascal de m’avoir permis de découvrir celle-là.

Un restaurateur antiquaire du nom de Dourbet Jhosep, qui découvre une toile représentant une rose faite d’ongles au marché aux puces, et meurt de manière atroce et dans d’étranges circonstances une semaine plus tard…

Il y avait pas mal de documents, j’ai choisi de les trier dans cet ordre :

– Rapport de Gendarmerie / Procès Verbal de transport

– Rapport d’autopsie

– Journal intime

– Cour d’appel du Tribunal

– Acte d’accusation

– Verdict/Schéma/Photos

Rapport de Gendarmerie / Procès Verbal de transport

Rapport-GendarmerieRetranscription :

certifions qu’ayant été prévenus par Sieur Dourbet qu’un malheur avait lieu en sa demeure, nous nous y sommes rendus. Etant entrés dans la cuisine où la seine avait eu lieu, nous avons constaté que le corps d’un homme, Sieur Jhosep Dourbet à moitié deshabillé était allongé par terre, sur le côté droit et au milieu d’une mare de sang. Une toile et un carnet étaient par terre à coté de la tête.
La toile présentait une rose faite avec ce qui sembleraient être des ongles humains. Le carnet contient le journal personnel de la victime.
Un fusil et un bâton en bois dur et paraissant avoir servi à emmancher une pioche étaient par terre à un mètre de la victime. Des morceaux de son manche étaient épars ce qui démontre qu’il a du servir pour frapper son agresseur.
Le visage de celui-ci est horriblement meurtri et troué ; Quatre dents se remarquent par terre parmi le sang. Il y a eu certainement lutte, car (rayé) le désordre des vêtements et le nombre d’armes trouvé à coté de la victime le prouvent. Aucun coup de feu n’a été tiré.

Après ces constatations, nous nous sommes livrés à des investigations qui nous ont permis de relever ce qui suit :
La troisième marche de l’escalier conduisant au premier étage, est tâchée de sang ; sur les deux premières et celle du haut on y remarque à peine quelques traces.

Le mobile du vol parait improbable après examen des lieux, il ne semble pas y avoir d’atteinte aux biens ni aux objets de valeur.
Le reste de la maison n’est pas souillé.

Procès Verbal de transport

Procès-Verbal-de-TransportProcès-Verbal-de-Transport2Retranscription :

L’an mil neuf cent quatorze et le quinze juin
Nous L.Barthelemy juge D’Instruction de l’arrondissement de Toulouse
Informé qu’un meurtre sans vol paraissant être le mobile, venait de se commettre à Ramonville St-Agne, sur la personne de Sieur Dourbet Jhosep, nous sommes immédiatement transporté à 10 heures 1/2 du soir, Dans la dite commune,ajusté de M. Durant commis greffier assermenté et accompagné de m. Signorel institut du Procureur De la République, pour faire toutes constatations et ordonner toutes mesures utiles, en vue de retrouver le ou les coupables.
Le cadavre de la victime baigné dans une mare de sang sur le sol de la cuisine mise au rez-de-chaussée d’une maison bâtie à quelques mètres du canal du midi au quartier de Gipet.
Le maréchal des logis, qui se trouvait déjà sur les lieux, nous fait savoir qu’on avait découvert une toile, un carnet servant de journal, un baton de pioche et un fusil près du corps.
La lecture du dit journal nous en appris plus sur la semaine passé par Sieur Dourbet ses problèmes nocturnes.
Il semblerait qu’il soupçonnait ses voisins, Galy Jean et Yvonne de ses malheurs.
Aucune trace d’une toile brulée, celle retrouvée près du corps et semblable à celle décrite étant intact.
Nous avons en conséquence sur les conclusions conformes de m le Procureur de la République, décerné mandants d’arrêt contre
Galy Jean et Galy Yvonne, et après en avoir avisé les inspecteurs de la Brigade mobile, ainsi que les divers agents de la Force Publique présents sur les lieux, à qui nous avons donné l’ordre de veiller à ce que rien ne fut ni enlevé, ni dérangé jusqu’à notre retour, nous nous sommes retiré et à notre arrivée à Toulouse, nous nous sommes rendu chez m le docteur Guilhem médecin du parquet pour convenir avec lui de l’heure à laquelle pourrait être faite l’autopsie ; il pouvait être une heure du matin.

Autre écriture :

(???)
Nous avons signé le premier Procès verbal que nous avons signé avec M le Procureur de la République et notre greffier.

Le Juge d’instruction / Le Procureur de la République / Le greffier

Rapport d’autopsie

Médecin-autopsieMédecin-autopsie2Médecin-autopsie3Médecin-autopsie4Retranscription :

1 juillet 1914

Je soussigné, A. Guilhem, professeur de médecine légale à l’université de Toulouse – Commis par ordonnance de M. Barthélémy, juge d’instruction pour le tribunal civil de Toulouse, en date du 15 Juin 1914, à l’effet de pratiquer l’autopsie de sieur Dourbet, à dire la nature des blessures qu’il présente, et à quelle cause en soit attribué la mort. Le cadavre est à Ramonville.

Serment préalablement prêté, je me suis rendu à Ramonville-St-Agne, où se trouve le cadavre du Sieur Dourbet, et j’ai rempli ainsi qu’il suit, le mandat qui m’était confié, en présence de M. le juge d’instruction et de M. le procureur de la république.

Le cadavre du Sieur Dourbet est situé derrière la porte d’entrée de la maison, à 60 centimètres environ qui occupe le milieu de l’espace qui sépare la menuiserie de l’escalier. Il est couché sur le coté droit du corps, un peu en chien de fusil. Le bras droit est allongé horizontalement, et le bras gauche repose près du cœur par la main.
Le corps est recouvert de vêtements qui sont en partie déchirés surtout de la partie inférieure.
Le cadavre tout entier baigne dans une large mare de sang, surtout abondante au niveau de la tête; mais le sang s’étend encore au devant du crâne, jusqu’à 60 centimètres, sous forme d’une coulée épaisse, large de cinq centimètres environ.

Sous la tête en arrière plusieurs trous ainsi que des traces profondes de griffures, toute largement maculée de sang. En avant, à coté de l’épaule droite et perpendiculairement au bras, 4 dents cassées.

Enfin le cou est griffé de part en part, mais pas assez profondément pour qu’un égorgement soit possible.

Les 2e, 3eme et 4eme marches de l’escalier qui conduit au premier étage sont largement maculées de sang, et des traces sanglantes sont très visibles sur le mur qui soutient les escaliers.
Le sang a jailli également contre le panneau de la porte d’entrée, à l’intérieur, au travers l’encoignure gauche de la maison, je constate une petite mare de sang qui semblait indiquer que la lutte s’est prolongée jusque là.

Le cadavre est parti sur une table de fortune où nous pouvons pratiquer l’autopsie.

L’enlèvement du cadavre permet de faire quelques constatations utiles.
5 trous ensanglantés sont visibles sur l’épaule, des traces de lacérations profondes sont également visibles sur tout le corps.
Tous les vêtements qui recouvrent la partie supérieure du corps sont largement imbibés de sang.
Le cadavre étant mis sur la table d’autopsie, complètement nu, nous constatons :

1° Sur la face une large entaille allant de l’angle externe de l’œil droit, directement à l’oreille, sur le pavillon en lui-même divisé en deux parties. Cette plaie sur les bords tous nets est bien coupés, est taillée en biseau de bas  en haut.

2° L’œil droit est largement ecchymosé.

3° L’œil gauche est crevé, percé à plusieurs endroits.

4° La lèvre supérieure est tailladée et forme deux ou trois languettes séparées par leurs extrémités.
Ces divisions s’étendent à l’aile gauche du nez qui est elle-même divisée assez largement. Les os propres du nez sont fracturés.

5° Plusieurs dents ont été cassées, 3 sont déchaussées, 4 absentes et retrouvées près du corps.

6° Le menton est entaillé obliquement, et la plaie entaille toute l’épaisseur de la peau.

7° Le front et le sourcil gauche sont tranchés obliquement, et la trace de la plaie présente également tous les caractères d’une plaie d’un élément tranchant.

8° La joue gauche est coupée en croissant, et la plaie mesure 14 centimètres de longueur.

9° Sur le coté gauche de la région frontale, sur la zone du sourcil, et s’étendant dans la région temporale je constate une plaie contuse  en étoile, de forme arrondie. De nombreuses et profondes griffures sont aussi constatées.

10°Aux tissus de l’oreille gauche, plaie profonde, à bords déchiquetés, et plus en arrière, du coté de la nuque, plaie de même nature mesurant 5cm de longueur. Plus en arrière encore la nuque est comme scalpée, de sorte que le cuir chevelu se détache du crâne dans toute cette région. La disposition des plaies semble permettre de dire que quatre coups ont été partis sur la nuque avec des éléments tranchant, tel que des ongles ou des griffes.

11° Quelque chose de tranchant a perforé le menton du coté gauche, passant par la langue, s’enfonçant sur la paroi intérieure et va partir obliquement du coté droit, à 3 centimetres au dessous de l’oreille.

12° Au bras gauche la région cubitale est déchiquetée par des blessures ayant des longueurs de 3 à 8 centimètres.
Elles ont été faites par des éléments tranchant type griffes ou ongles.

13° Sur le poignet gauche blessures semblables à des griffures, mesurant entre 3 et 5 cm de longueur.

14° Dans la main droite le pouce est séparé de l’indicateur par une entaille profonde qui entaille l’éminence thénar.

15° Fracture de l’apophyse zygomatique gauche.

Le corps est ensuite ouvert et toutes les cavités examinées, ainsi que les organes qui y sont contenus.

Le cerveau est intact.
Les poumons, normaux, présentent des noyaux d’anthracosis. Pas d’épanchement dans les plèvres. Le cœur ne contient pas de sang.
Les Carotides ne sont pas ouvertes. Une profonde entaille passe devant la carotide gauche, a ouvert le larynx, et en parti du coté droit en arrière de la carotide droite.

L’estomac contient 3 à 400 gammes de matières pulpeuses, rougeâtres, fortement acides, qui jouent le produit de la digestion.

Une infinité d’artérioles et de veines ont été ouvertes, ce qui a provoqué une abondante hémorrhagie.
C’est cette infinité de griffures, taillades, lacérations, perforations qui a provoqué une violente hémorrhagie.
C’est cette perte de sang rapide qui a amené la mort de Sieur Dourbet.

En résumé, le Sieur Dourbet a succombé à l’hémorrhagie, conséquence de ses nombreuses blessures.
Il est difficile d’expliquer par quoi toute ces blessures ont été provoquées, je constate ce qui ressemble fortement être des coups de griffes ou d’ongles, mais il est difficile de penser qu’un humain puisse faire cela.

Toulouse le 1 Juillet 1914

Journal intime

Journal-intime-1Journal-intime-2Journal-intime-3Journal-intime-4Journal-intime-5Journal-intime-6Journal-intime-7Journal-intime-8Retranscription :

6 Juin 1914

-_-fin du texte, le début étant sur la page précédente-_-
La possibilité de trouver ce qu’elle désire, si possible de bonne facture mais peu cher.
Hiboux,Chouette/oiseaux nocturnes/rayé

7 Juin 1914  DIMANCHE

Je suis étais aux puces de St Cyprien et il faut dire que parfois, on fait de curieuses trouvailles.
J’ai acquis pour 3francs une curieuse pièce, une toile qu’elle est pas anodine, pour ça faut dire que j’ai jamais rien vu pareil.
La peinture semble être de l’aquarelle, le vendeur n’a pas su me dire. Mais ce qui fait la chose, c’est les ongles. Des ongles humains.
Le vendeur n’a pas su me dire de quand ou d’où ça vient. Sa particularité en plus d’être faite avec des ongles, c’est que, maudit, elle sent la rose.
Il n’y a pas le nom de l’auteur. Juste marqué au dos « Rose du Gué de Launa ».
J’ai pu glaner aussi pour Madame Esteros deux moulins à tabacs pour 20 francs et j’ai eu pour 6 francs un beau tableau de pêche qui pourrait bien faire plaisir à Monsieur
Badepuy. Pour le reste ce n’était pas bien original.
J’ai bien peur qu’avec le mauvais temps, le gens savaient qu’il n’y aurait pas grand monde et n’ont pas tout sorti. On verra la prochaine fois.

8 Juin 1914   LUNDI

Ai vu La Martine et elle a récupéré son horloge. C’est la dernière fois que je fait affaire avec elle ou que je leurs répare quoi que ce soit.
Ne plus jamais faire affaire avec les Martin (souligné).
Monsieur Badepuy viendra demain, c’est sa femme qui me l’a dit. A noter qu’il faille que je me lève dès potron-minet.

9 Juin 1914   MARDI
/

10 Juin 1914   MERCREDI

Je n’ai pas comme habitude d’écrire la nuit, mais il s’est passé quelque chose de fort bien étrange (rayé) et perturbant.
Je me suis réveillé cette nuit de façon très désagréable et je ne trouve plus sommeil, j’ai très froid.
Mon bras il devait pendre du coté du lit, j’ai cru qu’on me serrait fort celui-ci, ça m’a réveillé et j’étais glacé.
Comme si quelqu’un de dessous le lit m’avait fortement aggripé pour me faire mal.
J’ai senti une forte odeur d’urine. J’ai d’abord cru à m’être fait sur moi, mais ça venait pas du lit.
Ça venait de la toile aux ongles. Elle sent très fort l’urine. Le chat des voisins a eu à faire dessus et ça a du m’imprégner la toile, ça sent dans toute la maison.
Je l’ai mise dehors à l’abri. J’espère bien que ça va partir. 3 Francs c’est 3 francs, et je peux fortement en tirer un bon prix auprès d’un excentrique.
En attendant ça sent partout l’urine et l’odeur ne part pas. J’ai mal au poignet et j’ai froid. Salop de Victor.

11 Juin 1914   JEUDI

Madame Esteros ne m’a pris qu’un moulin à tabac. Les gens vous demandent des choses pour ne pas vous les prendre après ! En attendant c’est dix francs de ma poche en attendant que quelqu’un me prendre celui qui me reste !
J’ai vendu la malle de la Marseillaise 133 francs, une belle affaire.
Madame Latilda m’a pris les 3 béliers pour 12 francs.
La toile aux ongles ne sent plus rien hormis la rose. Je pensais la montrer bientôt à Monsieur Voché, il pourrait être intéressé. Bien content que l’odeur d’urine soit partie.

12 Juin 1914   VENDREDI

Cette nuit des bruits stridents m’ont réveillés, j’avais aussi très froid et mal à la tête. Je suis descendu les bruits semblant venir d’en bas. Comme une lame qu’on affûte sur une meule. Comme des ongles qu’on racle sur un tableau à craie.
J’ai cru au voisin qui faisait du boucan, ça s’est arrêté quand je suis étais à la remise.
J’ai vu Jean mais il m’a dit qu’à 3h il dormait avec Yvonne et que jamais ils iraient bricoler à cette heure-ci. Je n’aime pas ça et j’ai pris peur.
J’ai très mal dormis de toute la semelle.

13 Juin 1914   SAMEDI

Ça vient encore de m’aggriper le poignet ! Et ça sent le sang ! Pardieu il faut le dire ça sent le sang ! Et les Galy qui se moque de moi ! Ça m’a réveillé vers 3h mais c’est l’odeur qui m’a fait paniquer ! Ça sentait le sang dans partout la maison ! Le sang ! Et c’est d’où que ça venait ? De la remise ! Et c’est la toile qui sent le sang !
Je me demande si le rouge mis sur les ongles ne serait pas du sang ? Ça suintait du rouge des pétales ! Le rouge suinte !
Si avec la pluie et l’humidité le sang a tourné, ça explique peut être la chose, mais pas cette odeur partout ! Ou alors c’est la fantasmagorie ! Je me fais des idées, je deviens fou que le sommeil me manque !
J’ai eu des céphalées toute la semaine et là c’est bien pis. J’ai mal au poignet et je n’arrive plus à dormir.

-_(changement d’écriture)_-

Les Galy m’ont dit qu’ils n’avaient pas tué des bêtes, et que si le sang ça sentait, ça ne venait pas de chez eux ! Et ils ont eut ce regard que je n’aime pas, quand l’homme vous
regarde et fait mine de comprendre, mais vous juge en même temps et vous prend pour un imbécile ou un fou ! Pire ! Un menteur !
Ça sentait le sang ! J’ai jeté la toile, tant pis pour les 3 francs. C’est (rayé) j’ai besoin de repos après cette satanée semaine. Je suis effrayé et fatigué. (rayé je n’en peux plus et j’ai peur rayé)

14 Juin 1914    DIMANCHE

On me l’a remis dans la remise ! Des rires m’ont réveillé, et les bruits on recommencé, vers 3heures et demie et il y avait l’odeur du sang et de la pisse partout ! La remise ! Et elle y était là ! La toile était là et elle suintait encore !
Et là je dois admettre que j’ai très peur.
J’ai peur ou c’est un coup des Galy. Demain j’irai voir la police. Lundi.
GROS PHRASE RAYé

-_(changement d’écriture)_-

Je suis étais à la gendarmerie et ils ont bien ris de moi. Ma plainte n’est pas recevable. J’irais voir le préfet, je ne vais pas me laisser carabistouiller par cette histoire de fou. En attendant je n’adresse plus parole aux Galy et je tout ferme à clef.
La toile reste au cellier si elle doit servir de preuve. J’ai sorti le fusil. Je n’arrive plus à dormir.

15 Juin 1914 LUNDI

Bruits aigus m’ont encore réveillé et j’ai encore ces horribles céphalées, j’ai vu qu’aux poignets j’ai des traces de griffures partout. Ça sent le sang et l’urine partout. Je dors avec le fusil.

Page suivante :

J’ai dormis toute la journée. J’ai détruit la toile par le feu. J’ai très froid.

Jésus Marie Joseph sauvez moi

Cour d’appel du Tribunal

Cour-D'appel-Tribunal

Acte d’accusation

Acte-d'accusationActe-d'accusation2Retranscription :

Le 14 juin 1914, le sieur Dourbet, qui exploitait un café restaurant dans la commune de Saint-Agne, avertis les gendarmes de la commune qu’un malheur arrivait chez lui.

Il semblait être persécuté par des bruits et des phénomènes mystérieux tels que des odeurs particulières pendant la nuit et des agressions pendant son sommeil.

Sa plainte n’a pas été suivie compte tenu du fait qu’aucune infraction ne semblait
avoir lieu et compte tenu du caractère ubuesque de l’affaire. Le 15 juin les gendarmes Cabanac et Salut sont allés lui rendre visite à son domicile et ont découvert son corps. Ils ont d’abord supposé à une syncope, mais en entrant, ils ont constaté qu’il gisait inanimé au milieu d’une mare de sang.

Le visage était horriblement mutilé, plusieurs dents avaient été cassées. Du sang
avait jailli contre le panneau de la porte d’entrée.
L’examen rapide des lieux permit de découvrir près de lui une toile ainsi que son journal personnel.
La lecture du dit journal a pu permettre un éclaircissement sur la semaine
passée par Monsieur Dourbet et sur ses doutes quant à son voisin.
Le signalement des suspects fut aussitot donné à la police et à la Gendarmerie
et les voisins, Sieur Galy et sa femme furent inculpés de meurtre sur la personne de Monsieur Dourbet Jhosep. Interrogés, ils nient les faits.

Le médecin expert qui a procédé à l’autopsie, a constaté que la victime portait
quinze blessures ayant pour la plupart leur siège sur la tete; ces blessures ont provoqué une hémorraghie abondante qui a entrainé la mort. De nombreuses griffures humaines
ont été observées sur tout le corps.

Les Galy ont signalé que Dourbet est venu plusieurs fois leur faire part de ses
problèmes mais prétendent qu’ils n’y sont pour rien.
Les plaintes envers ses voisins sont bien écrites dans son journal.
Compte tenu du fait qu’il ne lui soit connu aucun ennemi et de l’absence de preuves  sur le lieu du crime, autre que son journal qui fait état de ses vicissitudes, il est possible d’admettre une irresponsabilité.

Sur la demande de leurs défenseur, les Galy ont été soumis à l’examen d’un médecin  expert. Cet homme de l’art a estimé qu’au moment où le crime a été commis, aucun des deux ne pouvait faire de telles blessures avec leurs ongles.

Les renseignements recueillis sur leur compte leurs sont très favorable et ils n’ont jamais été condamnés.

En conséquence, Galy Jean et Piete Yvonne épouse Galy sont déclarés innocents d’avoir à Saint-Agne, le 12 juin 1914, commis un homicide sur la personne de Dourbet Jhosep.
Avec cette circonstance que le dit homicide reste irrésolu.

Crime  et délit puni et prévu par les articles 295 304 379 et 401 du code pénal

Fait au Parquet de la Cour d’Appel le 7 Janvier 1915

Le Procureur Général

Verdict/Schéma/Photo

verdictSchéma-des-lieux IMG_4674 IMG_4677Rose-du-Gué-de-Launa

Une toile faite d’ongles, qui suinte du sang et qui sent la pisse et le sang, qu’on brûle mais qu’on retrouve intacte sur les lieux du crime… Des traces mortelles de griffures, de coupures d’ongles mais pas faisables par un humain, des nuits visiblement « hantées », « quelque chose » qui fait du bruit, vous attrape le poignet et laisse des traces de griffes…

Suicide étrange d’un fou ? Coup des voisins ? De la sorcière ? Du démon ? Ou bien du chat ?