Gary Faulkner l’homme qui voulait tuer Ben Laden, ou celui qui voulait vivre ses rêves.


Gary Faulkner, l’homme qui voulait tuer Ben Laden, ou celui qui voulait vivre ses rêves.


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Gary Faulkner

Il faut bien le dire, il y a dans ce microcosme qu’est la Terre, des gens qui en ont. C’est une histoire qui n’a pas trop été exposée, et c’est bien dommage car comme tout récit, on peut le faire parler et l’interpréter à sa façon, surtout quand il vous met un putain de coup de genou dans les gencives par sa singularité.

Tout est une question de point de vue, et bien entendu, à vous aussi de vous faire le vôtre. Mais pour moi, Gary Faulkner, malgré le fait d’être un personnage bien singulier, a eu les couilles de croire en sa destinée, destinée qu’il s’est lui-même forgé.

Irrémédiablement il ne pouvait qu’échouer. Ou pas, tout est relatif. Derrière cette histoire ubuesque insolite et presque insensée se cache un bien plus beau message, pour peu qu’on puisse le voir.

Vivre et croire en ses rêves

Gary Faulkner y a cru, jusqu’à la fin il pensait qu’il pouvait y arriver. À quoi ? Pas à chasser l’élaphe guttata des États-Unis, trop facile, ou encore sauver les Bonobos du Congo en voie d’extinction.

Non, lui devait capturer Ben Laden, et raviver le mythe du rêve américain. Rétablir la balance pourtant si subjective du bien et du mal.

Il devrait triompher de ce mal absolu des États-Unis et de sa propre incarnation du mal. Il devait avoir Oussama Ben Laden.

Lui, Gary Brooks Faulkner, la cinquantaine, fervent catholique pratiquant d’hapkido (art martial coréen visant à toucher les points vitaux). Ce fumeur d’Haschisch occasionnel, vengerait le traumatisme du 11 septembre, et montrerait au monde que l’on peut croire en son destin, et vaincre le mal !

Doté de son énorme paire de… jumelles (à vision nocturne) mais aussi d’un flingue, d’un poignard, d’une épée ninja, les évangiles (alléluia !) et d’un peu de chichon pour le courage (ou l’inconscience).

Il a relié le Colorado à  Chitral, au Pakistan. Situé au nord des zones tribales du nord-ouest du Pakistan, fief des talibans pakistanais, principal sanctuaire d’Al-Qaïda dans le monde et base arrière des talibans afghans. Mais Chitral est aussi frontalier du Nouristan, une province afghane bastion des talibans, où les policiers pensent que Faulkner tentait d’entrer (Source ici) pour attraper Ben Laden.  

PAKISTAN HUNTER

I’m a Ninja sir

Notre esthète guerrier hirsute à la trombine poivre et sel va donc fausser compagnie à la police, qui comme dans tout pays craignos pour les touristes doit les accompagner et savoir où ils sont. Se faufilant tel un ninja hors de l’hôtel pendant la nuit (non sans se fumer un gros joint au passage), il décide de rejoindre les montagnes de l’Hindu Kuch pour atteindre la frontière afghane.

Malheureusement, son rêve d’épopée glorieuse touche déjà à sa fin. Malheureusement ou heureusement, car personne ne sait comment cela aurait pu finir. Nul doute qu’en tout cas, il est déjà allé bien loin ! À plus de 11 000Km de chez lui, seul et contre tous, il va devoir malgré lui abandonner.

Gary sera interpellé le 3 Juin 2010 près de la frontière afghane par les autorités alertées par sa « mystérieuse absence ». Il expliquera qu’il voulait simplement empocher la somme de 25millions pour la capture mort ou vif du most-wanted numéro 1. Étant très touché par le 11 septembre il prit la chose très au sérieux.

Il passera quelques jours dans une prison de Peshawar avant de rejoindre sous bonne garde les États-Unis. Là, les autorités se demandent s’il est bien sain d’esprit, songent à lui faire faire des tests psychiatriques.

Mais Gary s’avère être bel et bien sain d’esprit, mais pas de corps, il souffre d’une grave maladie rénale. Ultime mission kamikaze pour ce samouraï des temps modernes ?

8 Mois après les faits, il apparait sur plusieurs chaines américaines ou reportages, et dit vouloir réessayer, et surtout, qu’il le veut vivant. Ses participations à plusieurs Shows tv montrent qu’il n’a donc pas fini chez les fous, et que son problème de reins est surement résolu ?

La nouvelle n’est pas énormément relayée, mais certains médias diffusent l’histoire.

Interpréter l’interpeller incarcéré

L’homme qui voulait vivre ses rêves et qui y croyait vraiment. Car malgré ce que les gens peuvent penser, les rires, le dédain, l’étonnement ou le respect, il y a une chose qu’ils ne peuvent pas nier, c’est que celui-ci y ait cru jusqu’au bout et a eu le courage de faire ce qu’il pensait juste.

Qui serait capable, flippé sous acides, ou en proie à n’importe quel élan de courage ou de folie, de rejoindre un pays hostile en espérant vaincre ce qu’il pense être le représentant du mal absolu ? Et on ne parle pas d’armée ou d’élite là, juste d’un excentrique adepte des arts martiaux seul avec sa bite, son shit et ses couteaux !

Car plus que tout, Gary Brooks Faulkner est un patriote, qui seul, a cru pouvoir venger son pays. Aussi impossible que cela puisse paraitre, il a accompli ce que peu de personnes auraient pu faire, ou auraient le courage de faire.

Gary Faulkner représentant la connerie ou la naïveté ? Mais alors aussi le courage, le courage de croire en soi, sa foi, ses rêves et son destin.

Bien entendu certains échouent dans leurs choix, aussi stupide ou honorable soit-ils, en ressortent plus forts, ou détruits. D’autres restent sur le bord de la route et regardent, spectateurs de leur vie ou de celle de ceux qu’ils côtoient.

Tout est une question de point de vue, tout est relatif, et certains rêves ou espoirs ne sont hélas foutrement pas possible.

Une simple anecdote, une histoire vraie, pour représenter quelque chose d’essentiel.

Croire en soi et en ses rêves.

Il est toujours bon de se le rappeler. Pour peu que ça ne soit pas morbides ou malsains…

Il y a de ceux qui attendent, espèrent, et ne font rien. Qui restent d’impassibles silhouettes figés sur l’horizon ou sur leurs godillots. Se demandant ce qui pourrait bien se passer ailleurs ou/et autrement. Et il y a ceux qui tentent, et qui ne pourront regretter, car eux au moins l’auront fait, et auront tenté leurs rêves, aussi fous puissent-ils être.

Le tout est de ne pas avoir de remords.

Gary Faulkner est un illuminé qui est allé loin, très loin de son nid douillet. Mais heureusement, la fin n’est pas mauvaise et bordel, quelle histoire !

À attendre et espérer, mais à ne jamais agir, on ne peut que regretter d’avoir attendu en simple témoin, au fil du temps et jusqu’à la fin de sa vie. Il est important de croire en soi ou en ses rêves, et ça, malgré ceux qui ont perdu ou oubliés les leurs. Celui qui tente, lui, ne peut qu’être fier d’avoir essayé.

Et pendant ce temps, les élaphes continuent de mordre et les Bonobos de mourir… Mais les rêves, les rêves et ceux qui y croient, eux, demeurent.

  Edit 02/05/2011 : Officiellement, Gary Faulkner a echoué.

IKB

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