L’humain exécrable, l’effet du témoin et le syndrome Kitty Genovese.

InkBlood-KittyGenoveseQui ne s’est jamais dit «Mpfff, la flemme, j’suis pas tout seul, quelqu’un d’autre le fera !» ?

En passant par de petites tâches à de gros efforts?

Quand il s’agit d’aider autrui, ça peut être la même chose, le plus choquant dans ce cas, c’est que les gens «veulent» aider, mais pensent que quelqu’un d’autre le fera.
Hélas, là, ce n’est plus une petite tâche à accomplir, c’est une vie à sauver.

L’histoire décrite ci-dessous vous permettra peut-être de rompre cet effet si vous y assistez, ou encore, de pouvoir le contrer si vous en êtes la victime.

13 Mars 1963, Kew Gardens, Queens, New York.

3h15 du matin, la jeune Kitty Genovese, née 29 ans plus tôt, rentre chez elle. Elle se fait agresser par Winston Moseley, qui la poignarde d’abord deux fois dans le dos.
Elle hurle, crie à l’aide, mais les nuits sont froides et les fenêtres fermées, peu de gens entendent l’appel à l’aide ou se réveillent, certains croient à une engueulade d’ivrognes ou de couple et se rendorment.

Un voisin alerté, Robert Mozer, somme l’agresseur de s’enfuir depuis sa fenêtre, ce que celui-ci fait. Mais devant le peu d’engouement des voisins aux alentours pour aider Kitty, il revient sur les lieux 10 minutes plus tard.
Elle n’est pas bien loin, derrière son immeuble, presque inconsciente. L’agresseur l’a retrouve, continue de la poignarder, la viole et la dépouille de 49$.
17 coups de couteau plus tard, Karl Ross, un témoin qui passait par là, donnera enfin un appel précis à la police, il est 3h50. Quelques appels peu explicite,vague ont été signalés avant, mais la police n’a pas compris que l’affaire était urgente vu le manque d’explication de l’attaque.

Kitty mourra lors de son transfert à l’hôpital. Mais que s’est-il donc passé ?

Un phénomène que nous connaissons pourtant tous ;

Le phénomène psychologique de groupe: La diffusion de responsabilité.

La vieille bougresse qui cuve son vin et qui ne veut pas bouger son cul du matelas moelleux auquel il est greffé va se dire «mpfff, on est nombreux à vivre ici, quelqu’un d’autre le fera», le gentil petit couple qui copule après un bon cinéma, trop occupé aussi! Tous ont pensé la même chose. «Quelqu’un d’autre le fera».

Et voilà comment Kitty Genovese est morte, voulant être aidée, pouvant être aidée, mais à charge d’une personne qui n’apparaîtra que 45 minutes plus tard.
Au total, une douzaine de témoins ont entendu le meurtre, c’est ce que révélera le rapport de police. Mais aucun n’a apparemment eu l’envie de se lever. L’apathie générale a eu raison de la justice. L’affaire fit scandale, les Américains furent choqués du manque de solidarité dans les grandes villes.

L’absence de réaction de nombreux voisins, d’appels cohérents, a poussé des psychologues, John Darley et Bibb Latané à s’intéresser à ces phénomènes psychologiques de groupe :

La diffusion de responsabilité et l’effet du témoin.

Un individu assistant à une scène d’agression, s’il n’est pas chargé directement par la victime de l’aider, rejettera peut-être la responsabilité d’appeler ou de secourir la victime sur quelqu’un d’autre, à partir du moment où il n’est pas seul à endosser la responsabilité de l’agression.

Ne jamais l’oublier, quelqu’un d’autre peut le faire, oui, mais le faire soit même, c’est encore mieux! Et si jamais il vous arrivait de vous faire agresser devant témoins, pointez du doigt un de ces quidams et demandez-lui directement de vous aider, plutôt que d’appeler la foule en général.
Tout comme il parait qu’il faut crier «au feu» au lieu «d’à l’aide»lors d’une agression, il faut aussi désigner le pompier pour l’éteindre.

IKB

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